ENCEINTE DE SON PROF.

D’aucun en parle, pourtant ce n’est un mystère pour personne. Les relations intimes, malsaines et prohibées entre maîtres et élèves, professeurs  et étudiants sont tout sauf un délit au Mali. Ceux qui doivent éduquer les enfants, leur  donner le bon exemple, par les  attitudes et les savoirs qu’ils transmettent, se trouvent être la principale cause de leur perversion.

Dans l’indifférence totale des autorités, le silence des parents d’élèves, la complicité de certaines écolières, les jeunes filles ont des relations  amoureuses « illicites » avec les professeurs.

Elle n’avait que 16 ans, innocente, belle et intelligente, naïve et curieuse avec un avenir certain. Se préparant pour l’examen du baccalauréat, elle n’avait guère penser être amoureuse, à fortiori contracter une grossesse.

La contingence ou l’imprudence amènera Fatou à tomber enceinte donc face à un dilemme. Elle est condamnée à prendre une décision d’adulte: celle d’être mère ou mettre fin à la vie du bébé qui couvait dans son ventre. Une décision qui la marquera à vie.

Moi 30 ans professeur de philosophie, célibataire, aussi éloquent que charmeur.  J’avais la fâcheuse habitude de laisser cour à mes désirs en bon hédoniste.

Faire la cour à mes élèves ne dérangeait guère  ma conscience, ni la déontologie encore moins  la différence d’âge surtout que c’est une pratique courante ici au Mali en milieu scolaire.

Se servir de sa position pour profiter des jeunes filles, et elles aussi usent de leurs atouts physiques pour s’astreindre des efforts de l’apprentissage et avoir de bonnes notes. Un partenariat gagnant-gagnant, aubaine pour certaines de faire un cursus scolaire sans incident de parcours.

Les élèves de familles nanties payent les notes, les sujets d’examens et les diplômes. Certaines des filles à modestes revenus payent en nature, car elles ont une certaine aversion manifeste pour apprendre leurs leçons. Prêtes à se prostituer pour avoir de bonnes notes.

Le niveau de l’éducation est en régression, en plus des notes de complaisance, les relations intimes entre élèves et maîtres, les grèves récurrentes estudiantines que professorales, la démission des parents pour le suivi des enfants à la maison en plus  du manque de niveau des enseignants, l’éducation se meurt au Mali.

Fatou et moi avions commencé à nous voir clandestinement les soirs après les cours à 17h. Tout a commencé quand elle se mit à m’envoyer des messages suggestifs sur Facebook, atteinte par la flèche de cupidon. Elle n’était pas la seule d’ailleurs, professeurs et élèves se faisaient la cour mutuellement.

Je ne voyais qu’une conquête de plus, un passe-temps. Subjugué par sa beauté, nous passâmes vite de relation platonique, à charnelle. C’était nouveau pour elle, j’y avais pris goût et  elle aussi. C’était notre péché mignon, notre jardin secret que l’on cultivait le soir.

Un soir, en larmes elle me quémandait de l’argent pour faire un avortement, elle était enceinte de moi. Entre appréhension et regret je monologuais.  Pourquoi n’ai-je pas mis de préservatif?  Pourquoi n’a-t-elle pas fait la contraception?    Un stratagème pour me soutirer des sous ?

J’ai beau me persuader que c’était une farce mais une crainte s’était installée en moi. J’avais peur pour ma carrière, ma réputation et l’avenir de la petite si jeune, si innocente. En dépit de ses appels téléphoniques incessants, je décidai de l’ignorer.

Deux options s’offraient à moi, l’avortement ou assumer et me marier à elle. Aucune des deux ne me convenait. Avorter, c’est illégal selon la loi, abomination selon la religion, surtout que les structures spécialisées à cet effet sont rares et coûteuses. La méthode traditionnelle avec ses lourdes conséquences n’était pas envisageable. Comment se voir dans une glace après cela, la culpabilité d’avoir mis fin à la vie d’un être vivant.

La seconde option le mariage et assumer la paternité du futur bébé sera par contrainte et non par amour. Pas question que, je me marie sans amour ; surtout que ma maman avait choisi une autre pour moi, la désobéir serait une malédiction.

Sauf qu’un lundi matin à l’heure de cours je fus sollicité dans le bureau du proviseur. Froid dans le dos, boule au ventre, d’un ton morose et déçu, il me demanda : « es-tu le père ? ».

«Comment as-tu pu, toi pour qui j’ai tellement d’estime, tu  viens de jeter l’opprobre sur moi, mon école, toi-même et ta famille tu m’as déçu »

Intrigué, je me suis levé pour regarder par la fenêtre, j’aperçus alors  Fatou et ses parents  franchirent la porte d’entrée de l’école.

Publicités

Un commentaire sur “ENCEINTE DE SON PROF.

Ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :